Comparaison entre Perrault et les frères Grimm

Publié le par Oriane

La version de Charles Perrault, Cendrillon ou La Petite Pantoufle de verre, présente déjà une importante différence avec la version des frères Grimm : le prince tente de retenir l'héroïne en enduisant l'escalier de poix. Dans d'autres versions, l'héroïne laisse intentionnellement tomber sa pantoufle. On observe ici que ces contes sont bien plus anciens que les versions courantes et qu'ils ont été adaptés pour les enfants, alors qu'à l'origine ils servaient à véhiculer un certain nombre de principes. D'autres versions parlent d'un anneau qui n'irait qu'à l'héroïne.

Il existe des similitudes avec d'autres contes. On reconnaît bien sûr dans l'image de l'anneau l'empreinte de Peau d'Âne. Dans certaines versions, ce n'est pas une fée marraine qui aide l'héroïne, mais sa mère défunte qui lui apparait alors sous la forme d'un animal ou d'un arbre. Cependant, l'héroïne reçoit toujours de l'aide, et cela dans toutes les versions.

La plupart des versions sont directement issues des anciennes traditions populaires, et recèlent beaucoup de sagesse. Même si le thème de la justice du destin est clairement identifiable dans toutes les versions, les conteurs ne sont pas tous d'accord sur le second thème à aborder, à savoir, la punition ou le pardon. Dans la version de Charles Perrault, les belles-sœurs sont pardonnées par l'héroïne, alors que dans la version des frères Grimm, elles sont doublement punies ; il y a d'une part le fruit de leur mutilation devant leur permettre de chausser la pantoufle (dans une version écossaise intitulée Rashin Coatie, la belle-mère mutile elle-même ses filles) et d'autre part le fait qu'elles finissent aveugles.

Encore les frères Grimm sont-ils modérés par rapport à la première version allemande, dans laquelle les belles-sœurs sont condamnées à danser avec des chaussures de métal chauffées au rouge jusqu'à ce que mort s'ensuive. Un tel châtiment (dont la brutalité rappelle que les contes populaires peuvent avoir la vocation morale des apologues et qu'ils mettent en garde contre les tentations du mal) se trouve cependant dans la Blanche-Neige des mêmes frères Grimm.

De même, la version des frères Grimm, ainsi que d'autres versions plus anciennes de l'histoire, ne dit absolument pas que l'héroïne doit à tout prix quitter le bal avant minuit. Elle ne s'y rend d'ailleurs pas non plus à bord d'une citrouille transformée en carrosse conduit par un rat transformé en cocher, tiré par six souris transformées en chevaux, et entouré par six lézards transformés en laquais (à l'époque de Charles Perrault, les laquais étaient souvent sujet de plaisanterie à cause de leur paresse. De même, l'image du lézard qui reste immobile sous le soleil a souvent été rapprochée des personnes de nature paresseuse ; d'où cette dernière métamorphose.)

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