Histoire de la folie

Publié le par Oriane

Dès le XIVe siècle, les premiers humanistes (Dante, Boccace et Pétrarque) vont s’attaquer aux doctrines rigides et autoritaires des scolastiques et substituer à l’autorité de l’Église celle des anciens. Mais la renaissance scientifique n’a vraiment commencé que lorsque les hommes se sont trouvés de nouveau capables de faire davantage confiance à leurs propres expériences qu’à celles des anciens, au temps des génies de la Renaissance tels que Copernic, Bacon, Léonard de Vinci, Machiavel, Montaigne, Érasme.

Au début du XVIe siècle, Thomas Platter, chevrier haut-valaisan illettré, quitte sa vallée natale pour mener dans toute l’Europe une vie d’adolescent gyrovague et chapardeur. Il survit aux maladies, au froid, à la faim ainsi qu’aux brutalités policières et à celles de ses camarades de rencontre. Il se fixe finalement à Bâle, où il monte une imprimerie, se convertit au protestantisme puis étudie la médecine. Il devient l’un des grands intellectuels humanistes de son temps. Son fils, Félix Platter (1536-1614), suit la voie paternelle et accomplit ses études de médecine à Montpellier. De retour à Bâle, il s’efforce de classer les maladies mentales et applique des méthodes précises dans l’observation des malades. Il passe beaucoup de temps dans les prisons, où sont enfermés de nombreux malades mentaux. Il considère que la plupart des maladies mentales sont dues à des lésions du cerveau mais, bon calviniste, estime que les fantasmes sexuels sont le résultat de l’intervention du diable ou d’un châtiment de Dieu.

Jean Wier (1515-1588), un Hollandais, a lutté pour démontrer que les sorcières étaient des malades mentales et devaient être soignées par des médecins au lieu d’être interrogées et brûlées par des ecclésiastiques. Il publia en 1563 son De praestigiis daemonorum (De l’imposture des démons) qui réfute point par point le Malleus Maleficarum(Le marteau des sorcières), qui est un code de la chasse aux sorcières, ouvrage pornographique élaboré en 1487 par deux Allemands.

Certains des contemporains de Wier le surnommèrent «Weirus hereticus» et son livre fut mis à l’index par l’Église. Paracelse, né à Einsiedeln en 1493, a aussi pris clairement position contre les principes des brûleurs de sorcières.

Publié dans Culture

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