Delacroix au Maroc

Publié le par Oriane

" Le pittoresque abonde ici. A chaque pas, il y a des tableaux tout faits qui feraient la fortune et la gloire de vingt générations de peintres [...] C'est un lieu fait pour les peintres […] le beau y abonde, non le beau si vanté dans les tableaux à la mode, mais quelque chose de plus simple, de plus primitif, de moins fardé." Dans son journal, le peintre revient sans cesse sur cette noblesse naturelle des peuples du Maghreb, une beauté pure, violente, mais sans affectation: " Ils sont plus près de la nature de mille manières […] La beauté s'unit à tout ce qu'ils font. Nous autres, dans nos corsets, nos souliers étroits, nos gaines ridicules, nous faisons pitié! La grâce se venge de la science. " Delacroix retrouve en Afrique du Nord, dans la " violence sourde, la vibration obscure " qu'évoque Albert Camus, l'essence du Beau antique que n'ont pas encore dénaturé les héritiers de Poussin et autres tenants du classicisme.

Au cours de ses longues promenades à cheval dans les environs de Tanger en compagnie de Charles de Mornay, Delacroix s'érnerveille de la beauté d'une nature rude et puissante: "J'éprouve des sensations pareilles à celles que j'avais dans l'enfance. " Craignant d'oublier l'éclat de la lumière et les images foisonnantes qui viennent sans répit ravir sa vue, là le reflet d'une ombre bleue turquoise, ici les scintillements d'une

djellaba.

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