Le futurisme

Publié le par Oriane

Le futurisme est un mouvement littéraire et artistique du début du XXe siècle, qui rejette la tradition esthétique et exalte le monde moderne, en particulier la civilisation urbaine, les machines et la vitesse.

Né en Italie autour du poète Filippo Tommaso Marinetti (Manifeste du futurisme, 1909). Auteurs de deux manifestes en 1910, les premiers peintres du mouvement, Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Carlo Carrà, Gino Severini, Luigi Russolo (1885-1947), empruntent à la technique divisionniste et au cubisme pour faire interférer formes, rythmes, couleurs et lumières afin d'exprimer une « sensation dynamique », une simultanéité des états d'âme et des structures multiples du monde visible.

Un mouvement « Valet de Carreau », a existé en Russie (appelé également Cubo-Futurisme) dans les années 1910-1917 (Vladimir Maïakovski, Kasimir Malevitch, Piotr Kontchalovski, Mikhaïl Matiouchine, Machkov, Lentoulov, Gontcharova, Kouprine, Tatline etc.).
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Le futurisme est certainement l'un des mouvements d'avant-garde qui a le plus choqué. Il prône en effet l'amour de la vitesse, de la violence, de la machine, la guerre « comme seule hygiène du monde ». C'est aussi l'un des mouvements qui, avec le surréalisme, connaît le plus de guerres internes. De nombreux artistes sont expulsés comme les deux frères Arturo et Carlo Ludovico Bragaglia, photographes.

Plus qu'un mouvement, le futurisme devient un art de vivre. Il touche la peinture, la sculpture, la littérature, le cinéma, la photographie, le théâtre, la mise en scène, la musique, le bruitisme, l'architecture et même la politique, la cuisine ou la céramique qui sera consacrée dans le dernier des manifestes futuristes de 1939.

Russolo et Pratella, à travers une théorisation de la notion de bruit, vont faire l'apologie du son. Le bruit est en premier lieu ingérable et échappe à toute classification (par exemple, le bruit d'une usine). C'est ainsi qu'il se différencie du son, de la musique. À présent, l'analyse du bruit ou plutôt des bruits permet de le maîtriser. Voilà pourquoi Russolo et Pratella ont commencé à faire un classement du bruit, à chercher ses caractéristiques (chose à laquelle personne n'avait pensé auparavant). Cette nouvelle approche du phénomène sonore fait son apparition dans L'Art des bruits (L'arte dei Rumori), manifeste contenu dans une lettre que Russolo adresse à Pratella en 1913. Cette analyse du bruit va être reprise par les Dadaïstes mais avec un point de vue différent : pas de notion d'agressivité ; puis ensuite au sein de la musique contemporaine par Edgar Varèse, Pierre Schaeffer et beaucoup d'autres créateurs, et enfin réintroduite dans la musique industrielle au début des années 1980 par Vivenza.

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S’agissant des rapports entre futurisme et fascisme, l’historien italien Enrico Crispolti, met en garde contre la vision simpliste encore très répandue qui consiste à réduire cette avant-garde au mouvement mussolinien. Cette vision réductrice est contredite par la chronologie puisque la plupart des grandes œuvres associées au mouvement futuriste sont créées entre 1909 et l’entrée en guerre de l’Italie en 1915, soit bien avant la naissance du fascisme. Comme l’a souligné Alfred Barr, le fondateur du MOMA, dès 1949, la position artistique la plus représentative du mouvement mussolinien dans les années 1920 est le Novecento. Aujourd'hui encore quelques artistes se réclament du Futurisme comme Enzo Benedetto qui publia le manifeste Futurismo-oggi en 1967, Antonio Fiore en Italie, qui proposent de passer à la troisième étape artistique du mouvement : la première était la vitesse, la deuxième la course au ciel, la troisième sera la course à l'espace.

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