La peinture académique

Publié le par Oriane

La peinture académique est la peinture produite sous l'influence d'une Académie des Beaux-Arts ou, par extension, sous l'influence d'une institution équivalente organisant le système des Beaux-Arts.

Le plus souvent, en histoire de l'art notamment, l'expression peinture académique recouvre les courants qui, après le Néoclassicisme et après l'apogée du Romantisme, dominent la peinture occidentale du milieu du XIXe siècle, sous l'influence des Académies d'Europe dédiées aux Beaux-Arts et en particulier de l'Académie des Beaux-Arts de Paris, alors la plus rayonnante. Ainsi, parmi les artistes emblématiques de la peinture académique, figurent les peintres français du Second Empire, Alexandre Cabanel, William Bouguereau et Jean-Léon Gérôme.

L'académisme est caractérisé par un goût très fort pour les thèmes historiques et le goût pour l'orientalisme. La peinture académique emprunte au néoclassicisme de David ou d'Ingres sur le plan thématique, stylistique autant que technique (glacis). Pour ses détracteurs comme Émile Zola, cet art est par ailleurs emprunt du moralisme bourgeois de son époque et d'un sens jugé hypocrite de l'érotisme à l'inverse de Renoir qui était présenté comme un artiste plus authentique.

L'application du mot « pompier » à l'art académique, apparue au XIXe siècle (1888 d'après le Robert) pour le tourner en dérision, est sans doute une allusion aux casques brillants de certains personnages des grandes compositions de l'époque, qui rappelaient ceux des sapeurs-pompiers. Certaines sources proposent l'hypothèse d'une dérision du mot « Pompéin » (de Pompéi). Enfin, ce mot évoque la pompe, le pompeux.

La peinture académique est souvent opposée à la peinture réaliste de Courbet puis à l'art des impressionnistes bien qu'il ne faille pas oublier qu'à l'époque les frontières étaient moins claires : Auguste Toulmouche a été le protecteur de Claude Monet, Jean-Léon Gérôme a aidé Édouard Manet à ses débuts, etc.

Les Académies Royales de peinture et de sculpture furent créés en 1648, par Louis XIV dans le but de garantir aux peintres et sculpteurs le statut d'artiste qui leurs était alors contesté. Le peintre Charles Le Brun en prend la direction. Les Académies pronent alors une méthode radicalement nouvelle d'enseignement des Beaux-Arts. Celle-ci érige les œuvres de l'antiquité gréco-romaine pour modèle et repose essentiellement sur un concept dont les mots clés sont simplicité, grandeur, harmonie et pureté.

L'Académie se compose alors de deux sections : l'Académie de peinture et de sculpture, et l'Académie d'architecture. L' anatomie, la géométrie, la perspective et l'étude d'après le modèle vivant, constituaient les bases de l'enseignement préparatoire à la peinture et à la sculpture.

L'enseignement de l'académie repose sur certains principe fondateurs:

  • Affirmer la primauté du dessin sur la couleur
  • Approfondir l'étude du nu, de l'anatomie
  • Privilégier le travail en atelier par rapport au travail en plein air, sur le motif
  • Réaliser des œuvres "achevées"
  • Imiter les anciens, imiter la nature

Ces principes se sont progressivement figés avec le temps et ont fini par constituer un carcan aux yeux de certains artistes et critiques de la fin du XIXe siècle contre lequel ils se sont insurgés peu à peu. L'académie pourvoyait donc à la formation technique (apprentissage du dessin, de l'anatomie, de la couleur...) et culturel (familiarisation avec les sujets de l'antiquité, les grands auteurs...) des jeunes artistes. Les candidats à l'entrée à l'école des Beaux-Arts (les femmes n'y sont admises qu'en 1897) doivent passer un concours d'admission consistant en l'exécution d'une figure nue dessinée d'après le modèle vivant.

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