Pantoufle de vair ou de verre

Publié le par Oriane

La pantoufle de Cendrillon, est selon les versions, de vair (fourrure d'écureuil) ou de verre. L'édition de 1697 des contes de Charles Perrault mentionne bien « la pantoufle de verre », donnée traditionnelle dans le folklore, puisqu'on retrouve des pantoufles de verre ou cristal dans les contes catalans, écossais, irlandais. Dans d'autres contes, le héros peut avoir des chaussures de fer, et Blanche-Neige des frères Grimm un cercueil de verre. En occitan, une formule de conclusion utilisée par les conteurs était celle-ci : Cric-crac ! Mon conte es acabat / Abió un escloupoun de veire / Se l'abio pas trincat / Aro lou vous farió veser. (Cric-crac, mon conte est achevé / J'avais un petit sabot de verre / Si je ne l'avais pas brisé / Je vous le ferais voir.)

Honoré de Balzac et Émile Littré voulaient, au nom de la raison, corriger cette graphie en vair (petit-gris, écureuil). Cette correction n’apporte pas toute satisfaction, car outre le fait que jamais on ne fourra par le passé les chaussures de petit-gris, de tels souliers seraient bien inappropriés à un bal et à la danse, et la fourrure n'apporte aucune valeur symbolique au récit. Le verre était, à l'époque de Perrault, pour le peuple, un matériau rare et précieux, symbolique donc d'une personnalité exceptionnelle, particulièrement fine et légère, au point de pouvoir porter de telles chaussures sans les briser ni en être incommodée. On peut arguer au nom de la raison qu'il serait bien difficile de chausser une pantoufle de verre si elle ne s'ajustait pas exactement à la forme et à la taille du pied, ce qui se produit dans l'histoire.

Le sens du mot pantoufle (chaussure d'intérieur confortable) a certainement influé dans ce sens (les traductions de la version de Grimm emploient escarpin, et d'ailleurs des escarpins en or, qui ne doivent pas être spécialement confortables non plus).

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