Les personnages de la renaissance

Publié le par Oriane

Charles V "le Sage "

Charles V, mûri par son expérience, sera pourvu des qualités qui manquaient à son père. En effet, il avait le sens de ses responsabilités, n'aimait que peu les fêtes et tournois et les exploits chevaleresque. Il était épris de culture, protégeant les savants et les artistes, d'où son surnom "Le Sage". On construira ou restaurera de nombreux édifices (comme la Bastille, la Sainte-Chapelle de Vincennes ou le Louvres). On trouvera dans ce dernier bâtiment une collection de manuscrits réunis par Charles V et qui constituera le départ des bibliothèques royales et de notre bibliothèque nationale de Paris.

Nous tenons une description physique de Charles V de Christine de Pisan (femme de lettres du XIVème siècle) :

"De corsage estoit haut et bien formé, droit et large d'épaules, étroit par les flancs, le visage de beau tour, un peu longuet, grand front et large, les yeux de belle forme, bien assis, châtains de couleur, haut nez assez et bouche non trop petite, le poil ni blond ni noir, la charnure claire brune mais il eut la chair assez pâle et je crois que le fait qu'il était si maigre était venu par accident, non par tempérament. Sa physionomie était sage, raisonnable et rassise, à toute heure en tous états et en tous mouvements ; on ne le trouvait furieux et emporté en aucun cas, mais modéré dans ses actions, contenance et maintien Eut belle allure, voix d'homme de beau ton, et, avec tout cela, certes, à sa belle parleuse était si bien ordonnée et si belle à entendre, sans aucune superfluité de discours, que je ne crois pas qu'aucun rhétoricien en langue française n'eût rien à en reprendre."

Devenu roi, avec Bertrand Du Guesclin, Charles V veut pacifier le pays et restaurer les finances. La veille de son sacre, le 18 mai 1364, Charles V apprit que Du Guesclin avait battu les anglais, alliés à Charles de Navarre, à Cocherel. Le lendemain le roi et la reine furent sacrés à Reims. La Reine, Jeanne de Bourbon, donnera neuf enfants dont seulement trois deviendront adultes, les autres mourant en bas âge. Elle portait en elle les germes de la folie qui atteindront son fils, le roi Charles VI.

Passées les festivités du couronnement, il fallut gouverner. Après la victoire de Cocherel, Du Guesclin livre bataille en Bretagne où il sera fait prisonnier. Une fois libéré, il va lutter contre les mercenaires qui pillaient le pays pour leur propre compte. Charles V aura l'idée d'engager ces mercenaires pour lutter en Espagne aux côtés d'Henri de Transtamare contre Pierre le Cruel qui servait les anglais. Au combat de Najera, Du Guesclin est fait prisonnier par le Prince Noir. La France payera une rançon pour sa liberté. Du Guesclin entreprendra une offensive en Provence (prise de Tarascon et Arles), puis, devenu connétable en 1370, il reconquit le Poitou et la Saintonge (victoire de Pontvallain).

La flotte, mise à mal par Jean II, étant reconstruite, permettra la reconquête de la Normandie de Charles le Mauvais. Du Guesclin mourra le 13 juillet 1380 au siège de Châteauneuf-de-Randon, n'ayant pas voulu participer à la reconquête de la Bretagne où, breton lui-même, il aurait dû tuer des compatriotes.

Charles V a réussi à reconquérir pratiquement tous les territoires concédés (sauf la Guyenne) et a réussi à instaurer une paix qui interrompit pendant quarante ans environ les hostilités avec les Anglais. Charles V entreprendra des réformes concernant les finances notamment en supprimant des impôts. Cependant ces derniers, qui lui permirent la prospérité manqueront cruellement à son successeur. Charles V commettra des erreurs politiques (remise des villes de Lille, Orchies et Douai à la Flandre pour empêcher le mariage de la fille du comte de Flandre avec le fils d'Édouard III - déclenchement du grand schisme d'Occident en soutenant l'élection du pape Clément VII par les cardinaux français contre celle du pape Urbain VI par les cardinaux italiens).

La mauvaise santé de Charles V ne lui permit pas toujours de prendre les bonnes décisions notamment dans le domaine de la diplomatie. La mort de sa femme l'affectera énormément et ruinera grandement sa santé. Charles V, peut être atteint plus jeune d'une tuberculose qui évolua lentement, verra la goutte lui déformer les mains, les maux de reins le gagner, pour s'éteindre le 13 septembre 1380 à l'âge de quarante trois ans mettant fin à seize ans de règne.



















 

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