Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 09:22

En sixième lieu : Un autre aspect de la tolérance religieuse en Islam est l’idée que, là où il existe des différences religieuses, les disciples des différentes traditions religieuses devraient s’engager l’un l’autre dans un respect et une amitié réciproques. L’Islam commande aux Musulmans de mener tout dialogue et même de discuter des désaccords en matière de religion dans un esprit de courtoisie, de sensibilité et de bonne volonté et jamais avec hostilité ou violence. Dieu dit dans le Saint Coran :

« Et ne discutez avec les Peuples du Livre que pour faire mieux. »

 

T.C., Sourate 29, (L’Araignée), Verset 46.

Reconnaissant que Dieu le Seigneur de tous, est le seul Juge et le seul qui sache tout, les Musulmans se sentent encouragés à entretenir de telles discussions dans un esprit d’amitié :

« Invitez-les tous sur la Voie du Seigneur avec sagesse et par d’admirables prédications ; et discutez avec eux de la façon la plus honnête et la plus agréable ; car le Seigneur connaît le mieux ceux qui, écartés de son sentier, acceptent d’être guidés. »

 

 

T.C., Sourate 16, (L’Abeille), Verset 125.

Même quand ils sont en contact avec des peuples qui peuvent être hostiles envers eux et leur foi, les Musulmans sont portés à prendre le chemin de la bonté, de la paix et de l’unité, et à répondre avec patience et gentillesse. Dieu instruit les croyants à :

« Repousser la méchanceté par le bien ; alors il adviendra entre lui et vous, qui vous vous haïssez, d’être amis et unis. Et nul ne parviendra à cette perfection si ce n’est celui qui s’y exercera avec patience et modestie, nul n’y arrivera si ce n’est l’heureux ».

 

 

T.C., Sourate 41, (Les Séparés), Verset 34.

Durant sa vie à la fois comme chef religieux et comme homme d’Etat, le Prophète Mouhamed (que la paix soit sur lui) faisait preuve d’une grande sensibilité et de respect dans ses relations avec « les Peuples du Livre », les Juifs et les Chrétiens. Dans un véritable esprit de révélation divine, le Saint Coran, dont il avait la mission, le Prophète Mouhamed interdisait de faire du mal aux non Musulmans et demandait aux Musulmans de bien les traiter. Il dit un jour :

« Celui qui fait du mal à un Juif ou à un Chrétien trouvera en moi son adversaire au Jour du Jugement. »

 

 

La première chose que le Prophète Mouhamed (que la paix soit sur lui) fit après s’être établi à Médine, où il avait été invité comme chef, était de conclure un traité entre les Musulmans et les disciples du Livre (les Juifs et les Chrétiens). D’après ce traité, les Musulmans garantissaient à ceux-ci la liberté de croyance et leur accordaient les mêmes droits et obligations que ceux dont ils jouissaient eux-mêmes.

Quand une délégation de Chrétiens d’Abyssinie vint à Médine, le Prophète Mouhamed (que la paix soit sur lui) les hébergea dans une mosquée et prit personnellement soin d’eux. En leur servant à manger, il leur dit qu’ils avaient été si généreux et obligeants envers ses compagnons qui avaient émigré dans leur pays qu’il tenait à les honorer lui-même.

Quand une délégation de Chrétiens vint à Médine de Najran, une ville du sud-ouest d‘Arabie, le Prophète les reçut dans sa mosquée et les invita à dire leurs prières à l’intérieur de la mosquée. Les Musulmans disaient leurs prières d’un côté de la mosquée et les Chrétiens de l’autre. Pendant leur visite, le Prophète discuta poliment et aimablement de beaucoup d’idées avec eux.

 

(...)

 

Espoir dans l’avenir

 

Le jour où l’humanité acceptera ce qui est simple, l’ignorance et l’imitation aveugle disparaîtront à jamais. Le temps de la connaissance, de la lumière et de la vérité est maintenant venu ; le temps où l’humanité accepte ce qui concorde avec la raison, la logique et l’évidence scientifique. L’humanité a accompli une grande part de son entreprise de progrès scientifique et de sa recherche d’aisance matérielle ; son essor va bien au-delà des rêves des peuples des temps passés. Néanmoins, l’humanité se voit menacée aujourd’hui de destruction sous l’effet de périls conjoints : spirituel et physique. En fin de compte, les problèmes de l’humanité trouvent leurs racines dans le mépris de l’humanité pour Dieu et pour les directives spirituelles qu’Il a données à tous. Dieu a envoyé Ses messagers et Ses prophètes à travers le temps comme un don de Lui-même, pour conduire l’humanité au vrai bonheur et au succès. Dans le Saint Coran, Dieu dit du Prophète Mouhamed que :

« Nous ne t’avons envoyé que par grâce pour toutes les créatures. »

 

 

T.C., Sourate 21, (Les Prophètes), Verset 107.

Les divins messages de Dieu à travers le temps ont conseillé aux peuples de vivre comme une seule famille dans l’amour et la tolérance. Un tel mode de vie est l’unique voie pour l’humanité pour vivre dans la sécurité et jouir des grâces de Dieu et des fruits du progrès moderne. Si l’humanité avait pris à cœur l’essence des révélations divines, elle n’aurait pas souffert de l’enfer des deux dernières Guerres Mondiales et ne vivrait pas dans l’angoisse d’un désastre nucléaire et d’une destruction de l’environnement.

Les hommes et les femmes de foi doivent se réveiller, s’ouvrir les yeux et commencer à se regarder les uns les autres avec des lentilles qui font voir les choses de plus près et non avec celles qui font que les choses paraissent éloignées. Une paix réelle ne peut être obtenue que si nous nous unissons sous la bannière de Dieu et de Ses messagers et si nous nous rejoignons en une fraternité et une coopération spirituelles pour construire une foi rationnelle pour les peuples des générations présentes et futures. Si nous pouvions avoir le courage d’accomplir cela, les êtres humains vivraient dans un paradis terrestre jusqu’au moment de rejoindre le paradis éternel dans l’Au-delà.

Il est temps que nos nations s’entraident dans l’amour et la générosité et s’unissent pour adorer l’Unique et Seul Créateur de cet univers, Lui le Plus Gracieux, le Plus Miséricordieux. En nous comportant ainsi, nous revivrions finalement et réaliserions les enseignements des prophètes et des apôtres du passé d’une manière s’accordant avec les réalités de la civilisation moderne, en collaborant aux choses avec lesquelles nous sommes d’accord et en tenant des débats à propos des choses avec lesquelles nous ne le sommes pas.

Puisse Dieu nous conduire au bien et nous aider à rechercher la vérité dans la justice et à renoncer aux ambitions terrestres dans un esprit d’amour, de tolérance et de fraternité. Que toute louange et toute reconnaissance soient à Dieu, le Seigneur de tout l’univers.

Que la paix soit sur vous tous.

 

Cheikh Kuftaro

 

 

(Conférence prononcée à l’Université de Milan décembre 1985)

Par Oriane
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Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 17:52

Islam et tolérance religieuse

 

Par Cheikh Ahmed Kuftaro 

 

 

« Assalamu Alaikum »

(Que la Paix soit sur vous)

Ce salut représente l’effort sincère d’un fidèle

à propager l’amour et la tolérance parmi tous les peuples,

quels que soient leur langue, leur croyance ou leur système social.

 

 

Je voudrais d’abord commencer par dissiper quelques unes des conceptions erronées qui ont assombri la compréhension de beaucoup de Chrétiens et d’Occidentaux à l’égard de l’Islam. Beaucoup croient que l’Islam a été répandu par l’épée, et que l’Islam est synonyme d’oppression, de coercition et de dénégation des droits et libertés fondamentaux. De plus, beaucoup de nations occidentales font de l’Islam l’équivalent de l’intolérance et de l’extrémisme. Même des penseurs non Musulmans bien éclairés, des politiciens et des membres du clergé, se sont obstinés à développer cette image négative et erronée. C’est ce stéréotype qui doit être écarté pour présenter une image claire et fidèle de l‘Islam aux peuples occidentaux.

L’Islam invite tous les peuples à examiner soigneusement les tenants et aboutissants de ces conceptions erronées avant de se former une conclusion ou une image de l’Islam. Dieu dit dans le Saint Coran :

« O Croyants : si une personne mal intentionnée vient à vous avec des nouvelles, recherchez la vérité de crainte de faire stupidement du mal au peuple et de regretter ensuite avec remords ce que vous avez fait. »

 

 

T.C., Sourate 49, (Les Appartements Privés), Verset 6.

L’Islam et l’esprit de tolérance religieuse

 

 

Comme le monothéisme constitue le fondement de l’Islam, la tolérance en est une de ses caractéristiques essentielles. « Islam » signifie littéralement à la fois « soumission » à Dieu et « paix ». La tolérance religieuse a toujours été pour l’Islam une loi de vie nécessaire qui ne peut être négligée sous peine de mettre la société en grand péril. Permettez-moi, mes chers frères et soeurs, de vous fournir quelques exemples de l’esprit de tolérance qui gît au fond de la foi Islamique.

D’abord l’Islam proclame de façon absolument claire que toute l’humanité ne forme qu’une seule grande famille. L’origine de tous les peuples est une, puisque tous les êtres humains ont été créés d’une seule âme. Dieu dit dans le Saint Coran :

« O humanité, vénérez votre Seigneur-Gardien Qui vous a créés d’une seule Personne, Qui a créé celle-ci d’une même nature que Lui et en formé sa compagne et de ces deux êtres a fait sortir tant d’hommes et de femmes. »

 

 

T.C., Sourate 4, (Les Femmes), Verset 1.

Comme tous les peuples font partie d’une même famille, l’Islam insiste sur la nécessité d’une égalité et d’un respect absolus entre tous les êtres humains. Ni la race, ni la couleur, ni l’ethnie, ni le privilège (si ce n’est celui de la droiture) ne peuvent être des critères de valeur en Islam. Dans le Saint Coran, Dieu s’adresse à toute l’humanité dans ces mots :

« O humanité ! Nous vous avons créés d’un seul couple, d’un homme et d’une femme, Nous vous avons répartis en nations et tribus afin que vous vous connaissiez les uns les autres (et ne vous vous méprisiez pas). En vérité, le plus digne devant Dieu est celui d’entre vous qui est le plus droit. »

 

 

T.C., Sourate 49, (Les Appartements Privés), Verset 13.

La variété et la diversité humaines sont considérées comme faisant partie de la bénédiction et de la miséricorde de Dieu. Les peuples sont invités à aller au-delà de la simple coexistence et de chercher activement à s’entendre mutuellement et de nouer des relations d’entraide réciproque. Le prophète Mouhamed pensait que tous les peuples font partie de la famille de Dieu, et Dieu aime le plus ceux qui se montrent les plus utiles aux membres de Sa famille.

En deuxième lieu : le Coran insiste sur une conception de la justice qui ne se limite pas à la race, la couleur, la croyance ou la nationalité. Dieu dit :

« Quand, entre peuples, vous prononcez un jugement, faites-le avec justice : combien, en vérité est excellent l’enseignement que Dieu vous a donné. »

 

 

T.C., Sourate 4, (Les Femmes), Verset 56.

Dieu dit encore aux croyants :

« O vous qui croyez ! Demeurez fermement fidèles à Dieu dans les témoignages que vous porterez en faveur des bonnes actions et ne permettez pas que la haine des autres vous dirige vers le mal et vous détourne de la justice. Soyez justes : la justice est proche de la piété ; et craignez Dieu. Car Dieu voit tout ce que vous faites. »

 

 

T.C., Sourate 5, (La Table), Verset 8.

En troisième lieu : l’Islam est par nature universel, embrassant tous les messages et religions antérieurs inspirés par Dieu. De même que Dieu est Un, ainsi en est-il du message essentiel de la foi qu’Il vous a envoyée par Ses prophètes et ses messagers. Le Saint Coran dit :

« La religion qu’Il a fondée pour vous est la même que celle qu’Il a prescrite à Noé -et que nous vous avons inspirée- et qui a été prescrite à Abraham, Moïse et Jésus : notamment, que vous restiez fermes dans la Religion et que vous ne vous y divisiez pas. »

 

 

T.C., Sourate 42, (La Consultation), Verset 13.

En Islam, l’unicité de Dieu implique l’unité de la vraie foi et de la vraie religion. Les messages fondamentaux que tous les prophètes ont eu mission de livrer sont éternels et universels : inviter toute l’humanité à adorer Dieu seul. Dieu dit clairement dans le Saint Coran que tous les peuples de foi, ceux qui se soumettent à Dieu et à Sa vérité, constateront l’unité de tous les messagers de Dieu et de leurs révélations respectives, et ils les admettront donc tous :

« Le Messager (Mouhamed) croit dans ce que son Seigneur lui a révélé, comme tous les hommes de foi le font. Chacun de ceux-ci croit en

Dieu, Ses Livres et Ses Messagers. ‘Nous n’établissons pas de distinction’ (disent-ils) entre l’un ou l’autre de ses Messagers, et ils ajoutent :’Nous écoutons et nous obéissons ; nous implorons Votre pardon, Seigneur, et vers vous nous revenons tous. »

 

 

T.C., Sourate 2, (La Vache), Verset 285.

La tolérance religieuse fait corps avec le Saint Coran lui-même : Au cœur du Saint Coran se trouvent tous les enseignements essentiels de la Torah de Moïse et de la Bible de Jésus (y compris des miracles non cités dans le Nouveau Testament lui-même). Dieu dit du Saint Coran :

« Nous vous avons envoyé l’Ecriture de vérité, confirmant l’Ecriture qui l’a précédée et la mettant en sécurité. »

 

 

T.C., Sourate 5, (La Table), Verset 48.

Le Saint Coran contient les conseils et l’histoire de nombreux prophètes bibliques, que Dieu décrit de la manière suivante :

« Il y a, dans leur histoire, l’instruction dont (les peuples) ont besoin pour comprendre.....la confirmation (de l’Ecriture qui) vint avant elle... une explication détaillée de toutes les choses et un Guide et une Grâce pour celui qui croit. »

 

T.C., Sourate 12, (Joseph), Verset 111.

En quatrième lieu : l’Islam proclame qu’un lien particulier unit les Musulmans, les Juifs et les Chrétiens. Les Juifs et les Chrétiens sont nommés dans le Saint Coran comme « O Peuples du Livre », désignant par là les peuples de la Torah et de la Bible. Les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans sont considérés comme peuples d’une même famille dont les fois sont fondées sur des écritures révélées par Dieu et qui participent à une tradition prophétique commune. En particulier, le Saint Coran met l’accent sur les liens unissant les disciples de l’Islam et du Christianisme :

« ....et vous trouverez les plus disposés à aimer les Croyants parmi ceux qui disent :’Nous sommes Chrétiens’. »

 

 

T.C., Sourate 5, (La Table), Verset 82.

Dans le Saint Coran, Dieu ordonne aux Musulmans (et en fait à tous les croyants) de croire en Jésus, Moïse et tous les autres prophètes bibliques, vu que tous ont été envoyés par sa Grâce à l’humanité :

« Dites ; Nous croyons en Dieu, et à la révélation que le Seigneur a faite à Abraham, à Ismael, à Isaac, à Jacob, et aux Tribus, et à celle qu’Il a confiée à Moïse et à Jésus, et à tous les Prophètes ; nous ne faisons pas de différence ente eux et nous nous inclinons devant Dieu dans l’allégeance et la soumission. »

 

 

T.C., Sourate 2, (La Vache), Verset 136.

La tolérance Islamique ne se limite pas aux Peuples du Livre, mais s’étend à tous ceux qui aiment la vérité avec foi, sincérité et droiture. Dieu affirme dans le Saint Coran :

« Ceux qui croient (dans le Coran) et ceux qui observent (les Ecritures) des Juifs, des Chrétiens et des Sabéens, et ceux qui croient en Dieu, et au Jour Dernier, et ceux qui agissent avec droiture, ils recevront leur récompense de leur Seigneur, ils n’auront rien à craindre, ils ne seront pas affligés. »

 

 

T.C., Sourate 2, (La Vache), Verset 62.

Les croyants sincères de toutes les religions, en fait, forment une seule société d’hommes droits, et Dieu leur étend Sa grâce en complète justice :

« Aux Musulmans, hommes et femmes, aux hommes et femmes croyants, aux hommes et femmes pieux, hommes et femmes vrais, hommes et femmes patients et constants, hommes et femmes qui se font humbles, hommes et femmes charitables, hommes et femmes qui jeûnent, hommes et femmes qui se gardent chastes, et hommes et femmes qui font beaucoup pour la louange de Dieu, Dieu leur a préparé le pardon et une grande récompense. »

 

 

T.C., Sourate 33, (La Confédération), Verset 36.

 

 

En cinquième lieu : l’Islam affirme sans équivoque le droit de chaque individu à la liberté de pensée et de religion. Celui qui prend le temps de lire le Saint Coran et d’étudier la vie du Prophète Mouhamed (que la paix soit sur lui) et ses proches disciples, constatera qu’ils ont construit une société sur l’amour, l’indulgence, la justice et la fraternité. Il découvrira aussi que leur conception de l’Islam est le fruit du raisonnement, de la conviction et de la joie, non de la violence, de la contrainte ou de l’oppression. Le Saint Coran impose :

« Qu’il n’y ait pas de contrainte dans la religion, la Vérité se distingue par elle-même de l’Erreur ; celui qui rejette le mal et croit en Dieu saisit une poignée solide qui ne se brise jamais. »

 

 

T.C., Sourate 2, (La Vache), Verset 256.

L’Islam insiste sur le fait que tous les peuples (et pas uniquement les Musulmans) jouissent de la liberté de religion et de culte. L’Islam prend en compte tous les lieux sacrés dédiés au culte (Juifs, Chrétiens ou Islamiques) et demande aux Musulmans de défendre la liberté de culte pour tous. L’Islam désire l’établissement d’une société universelle et libre où tous puissent vivre et jouir de la liberté de religion dans la sécurité et l’égalité. Dieu dit :

« Si Dieu n’avait pas empêché les peuples de se dresser les uns contre les autres, des monastères, des églises des synagogues et des mosquées, où le nom de Dieu est abondamment célébré, se fussent certainement effondrés. »

 

 

T.C., Sourate 22, (Le Pèlerinage), Verset 40.

Par Oriane
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Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 12:07


 



 

Par Oriane - Publié dans : Peinture
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 15:37

                                    

Sénat, séance du 29 juin 1880

Discussion du projet de loi ayant pour objet l'établissement d'une fête nationale

 

 

M. Le président. La parole est à M. le rapporteur.

M. Henri Martin, rapporteur. Messieurs, nous ne pouvons que remercier l'honorable orateur, auquel je réponds, de l'entière franchise, de l'entière loyauté avec laquelle il a posé la question comme elle doit être posée, entre l'ancienne société et la société nouvelle, issue de la Révolution.

Cette ancienne société, cette monarchie, messieurs, nous vous l'avons dit bien des fois, nous en acceptons tout ce qui a été grand, tout ce qui a été national, tout ce qui a contribué à faire la France.

Mais où en était-elle, à la veille du 14 juillet 1789 ?

Vous le savez : la royauté, arrivée au pouvoir le plus illimité qu'on ait vu en Europe, était devenue incapable d'en user ; elle-même se vit contrainte d'en appeler à la nation, après un siècle et trois quarts d'interruption des Assemblées nationales de l'ancien régime. (C'est vrai ! - Très-bien ! à gauche.)

Je n'ai pas la prétention de vous refaire l'histoire de cette grande année 1789 ; mais enfin, puisqu'on vient de faire ici le procès du 14 juillet, puisqu'on a symbolisé, dans ce petit acte de guerre qu'on appelle la prise de la Bastille (Rires ironiques à droite) et qui est un très-grand événement historique, tout l'ensemble de la Révolution, il faut bien que nous nous rendions compte, en quelques mots, de la situation où étaient alors Paris et la France.

Le 17 juin 1789, le Tiers Etat s'était déclaré Assemblée nationale. Le 20 juin, la salle de l'Assemblée nationale fut fermée par ordre de la cour. Vous savez où se transporta l'Assemblée, à la salle du Jeu de Paume ! Vous savez aussi quel serment elle y prononça ! L'ère moderne tout entière est sortie de ce serment.

Le 23, déclaration du roi annulant tous les actes de l'Assemblée nationale et la sommant de se séparer.

L'Assemblée ne se sépara pas. La cour parut céder. Mais, le 11 juillet, le ministre populaire, qui était l'intermédiaire entre la cour et le pays, M. Necker, fut congédié, remplacé par un ministère de coup d'Etat ; en même temps, on appela, on concentra autour de Paris une armée entière, une armée, ne l'oubliez pas, messieurs, en très-grande partie étrangère.

A gauche. C'est vrai ! Très-bien !

M. le rapporteur. Et le même jour, le nouveau conseil décida l'émission de cent millions de papier-monnaie, attendu qu'il ne pouvait plus espérer obtenir des ressources de l'Assemblée nationale. C'était la préface de la banqueroute, comme la préface d'un coup d'Etat.

Le malheureux Louis XVI était retombé dans les mains de ceux qui devaient le mener à sa perte. Eh bien, le même jour, dans Paris, vous vous rappelez ce qui se passa au Palais-Royal, cet épisode fameux d'où sortit le grand mouvement des trois journées qui suivirent. Cette petite action de guerre à laquelle je faisais allusion tout à l'heure, en manifestant la force populaire, mit à néant tout les projets arrêtés contre l'Assemblée nationale ; cette petite action de guerre sauva l'avenir de la France. Elle assura l'existence et la puissance féconde de l'Assemblée nationale contre toutes les tentatives de violence qui la menaçaient (Nouvelle approbation sur les mêmes bancs).

On parlait de conflit du peuple et de l’armée, dont il ne fallait pas réveiller le souvenir ; mais contre qui le peuple, soutenu par les gardes françaises, avait-il été engagé, dans les rues, sur les places de Paris, durant les deux journées qui ont précédé le 14 juillet ? Qu’est-ce qu’il y avait autour de Paris et surtout dans Paris ? De l’infanterie suisse, de la cavalerie allemande, de la cavalerie hongroise, dix régiments étrangers, peu de troupes françaises, et c’est contre ces régiments étrangers que les gardes-françaises avaient défendu le peuple et l’Assemblée.

Laissons donc ces souvenirs qui ne sont pas ceux d’une vraie guerre civile.

Il y a eu ensuite, au 14 juillet, il y a eu du sang versé, quelques actes déplorables ; mais, hélas ! dans tous les grands événements de l’histoire, les progrès ont été jusqu’ici achetés par bien des douleurs, par bien du sang. Espérons qu’il n’en sera plus ainsi dans l’avenir. (Très bien ! à gauche. - Interruptions à droite.)

A droite. Oui, espérons !

M. Hervé de Saisy. Nous n’en sommes pas bien sûrs !

M. le rapporteur. Nous avons le droit de l’espérer. Mais n’oubliez pas que, derrière ce 14 juillet, où la victoire de l’ère nouvelle sur l’ancien régime fut achetée par une lutte armée, n’oubliez pas qu’après la journée du 14 juillet 1789 il y a eu la journée du 14 juillet 1790. (Très-bien ! à gauche.)

Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang, d’avoir jeté la division à un degré quelconque dans le pays, Elle a été la consécration de l’unité de la France. Oui, elle a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé.

L’ancienne royauté avait fait pour ainsi dire le corps de la France, et nous ne l’avons pas oublié ; la Révolution, ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France, - personne que Dieu n’a fait l’âme de la France, - mais la Révolution a donné à la France conscience d’elle-même (Très-bien ! sur les mêmes bancs) ; elle a révélé à elle-même l’âme de la France. Rappelez-vous donc que ce jour-là, le plus beau et le plus pur de notre histoire, que d’un bout à l’autre du pays, les Pyrénées aux Alpes et au Rhin, tous les Français se donnèrent la main. Rappelez-vous que, de toutes les parties du territoire national, arrivèrent à Paris des députations des gardes nationales et de l’armée qui venaient sanctionner l’œuvre de 89. Rappelez-vous ce qu’elles trouvaient dans ce Paris : tout un peuple, sans distinction d’âge ni de sexe, de rang ni de fortune, s’était associé de cœur, avait participé de ses mains aux prodigieux préparatifs de la fête de la Fédération ; Paris avait travaillé à ériger autour du Champ-de-Mars cet amphithéâtre vraiment sacré qui a été rasé par le second empire. Nous ne pouvons plus aujourd’hui convier Paris et les départements sur ces talus du Champ-de-Mars où tant de milliers d’hommes se pressaient pour assister aux solennités nationales.

M. Lambert de Sainte-Croix. Il faut faire dire une messe !

M. le rapporteur. Nous trouverons moyen de remplacer le Champ-de-Mars. Un peuple trouve toujours moyen d’exprimer ce qu’il a dans le cœur et dans la pensée ! Oui, cette journée a été la plus belle de notre histoire. C’est alors qu’a été consacrée cette unité nationale qui ne consiste pas dans les rapports matériels des hommes, qui est bien loin d’être uniquement une question de territoire, de langue et d’habitudes, comme on l’a trop souvent prétendu. Cette question de nationalité, qui a soulevé tant de débats, elle est plus simple qu’on ne l’a faite. Elle se résume dans la libre volonté humaine, dans le droit des peuples à disposer de leur propre sort, quelles que soient leur origine, leur langue ou leurs moeurs. Si des hommes associés de sentiments et d'idées veulent être frères, ils sont frères. Contre cette volonté, la violence ne peut rien, la fatalité ne peut rien, la volonté humaine y peut tout. Ce qu’une force fatale a fait, la libre volonté le défait. Je crois être plus religieux que personne en proclamant cette puissance et ce droit de la volonté humaine contre la prétendue force des choses qui n’est que la faiblesse des hommes. (Très-bien ! très-bien à gauche.)

Si quelques-uns d’entre vous ont des scrupules contre le premier 14 juillet, ils n’en ont certainement pas quant au second. Quelles que soient les divergences qui nous séparent, si profondes qu’elles puissent être, il y a quelque chose qui plane au-dessus d’elles, c’est la grande image de l’unité nationale, que nous voulons tous, pour laquelle nous nous lèverions tous, prêts à mourir, si c’était nécessaire. (Approbation à gauche.)

M. le vicomte de Lorgeril. Et l’expulsion de demain ? (Exclamations à gauche.)

M. le rapporteur. Oui, je ne doute pas que ce soit là un sentiment unanime, et j’espère que vous voterez unanimement cette grande date qu’aucune autre ne saurait remplacer ; cette date qui a été la consécration de la nationalité française et qui restera éternellement gravée dans le cœur des Français.

Sans doute, au lendemain de cette belle journée, les nuages s’assemblèrent de nouveau, la foudre en sortit : la France, en repoussant d’une main l’étranger, se déchira de l’autre main, mais, à travers toutes les calamités que nous avons subies, à travers tous ces courants d’action et de réaction qui ont si longtemps désolé la France, cette grande image et cette grande idée de la Fédération n’ont pas cessé de planer sur nos têtes comme un souvenir impérissable, comme une indomptable espérance.

Messieurs, vous consacrerez ce souvenir, et vous ferez de cette espérance une réalité. Vous répondrez, soyez-en assurés, au sentiment public, en faisant définitivement du 14 juillet, de cette date sans égale qu’a désignée l’histoire, la fête nationale de la France. (Applaudissements à gauche.)

 

  

Rapport

fait au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi, adopté par la Chambre des députés, ayant pour objet l’établissement d’un jour de fête nationale annuelle, par M. Henri Martin, sénateur.

Messieurs, le Sénat a été saisi d’une proposition de loi votée, le 10 juin dernier, par la Chambre des députés, d’après laquelle la République adopterait la date du 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.

La commission, qui m’a fait l’honneur de me nommer son rapporteur, a délibéré sur le projet de loi dont vous avez bien voulu lui confier l’examen.

Deux de nos collègues ont combattu, non la pensée d’une fête nationale, mais la date choisie pour cette fête. Ils ont proposé deux autres dates, prises dans l’histoire de la Révolution, et qui, toutes deux, avaient, suivant eux, l’avantage de ne rappeler ni luttes intestines, ni sang versé. L’un préférait le 5 mai, anniversaire de l’ouverture des Etats généraux en 1789 ; l’autre recommandait le 4 août, dont la nuit fameuse est restée dans toutes les mémoires.

La majorité, composée des sept autres membres de la commission, s’est prononcée en faveur de la date votée par la Chambre des députés. Le 5 mai, date peu connue aujourd’hui du grand nombre, n’indique que la préface de l’ère nouvelle : les Etats généraux n’étaient pas encore l’Assemblée nationale ; ils n’étaient que la transition de l’ancienne France à la France de la Révolution.

La nuit du 4 août, bien plus caractéristique et plus populaire, si grand qu’ait été le spectacle qu’elle a donné au monde, n’a marqué cependant qu’une des phases de la Révolution, la fondation de l’égalité civile.

Le 14 juillet, c’est la Révolution tout entière. C’est bien plus que le 4 août, qui est l’abolition des privilèges féodaux ; c’est bien plus que le 21 septembre, qui est l’abolition du privilège royal, de la monarchie héréditaire. C’est la victoire décisive de l’ère nouvelle sur l’ancien régime. Les premières conquêtes qu’avait values à nos pères le serment du Jeu de Paume étaient menacées ; un effort suprême se préparait pour étouffer la Révolution dans son berceau ; une armée en grande partie étrangère, se concentrait autour de Paris. Paris se leva, et, en prenant la vieille citadelle du despotisme, il sauva l’Assemblée nationale et l’avenir.

Il y eut du sang versé le 14 juillet : les grandes transformations des sociétés humaines, - et celle-ci a été la plus grande de toutes, - ont toujours jusqu’ici coûté bien des douleurs et bien du sang. Nous espérons fermement que, dans notre chère patrie, au progrès par les Révolutions, succède, enfin ! le progrès par les réformes pacifiques.

Mais, à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire.

Elles ont passé trop vite, ces heures où tous les coeurs français ont battu d’un seul élan ; mais les terribles années qui ont suivi n’ont pu effacer cet immortel souvenir, cette prophétie d’un avenir qu’il appartient à nous et à nos fils de réaliser.

Votre commission, pénétrée de la nécessité de donner à la République une fête nationale ;

Persuadée par l’admirable exemple qu’a offert le peuple de Paris le 30 juin 1878, que notre époque est capable d’imprimer à une telle fête un caractère digne de son but ;

Convaincue qu’il n’est aucune date qui réponde comme celle du 14 juillet à la pensée d’une semblable institution,

Votre commission, messieurs, a l’honneur de vous proposer d’adopter le projet de loi voté par la Chambre des députés.

L’un de nos collègues avait pensé qu’il serait utile d’ajouter la qualification de légale à celle de nationale que la Chambre des députés a appliquée à la fête du 14 juillet, et ce afin de préciser les conséquences juridiques qui découleront de l’adoption de la présente loi.

Comme une fête consacrée par une loi est nécessairement une fête légale, votre commission a pensé que cette addition n’avait point d’utilité, et qu’il n’y avait pas lieu de modifier la rédaction du projet de loi qui vous est présenté ainsi qu’il suit.

 

  

Projet de loi

Article unique. - La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.

Programme de la fête nationale du 14 juillet 1880

 

Distribution de secours aux indigents. Grands concerts au jardin des Tuileries et au jardin du Luxembourg. Décorations de certaines places, notamment de la place de la Bastille et de la place Denfert où l’on verra le fameux Lion de Belfort qui figurait au Salon de cette année, monument élevé au colonel Denfert-Rochereau, de glorieuse mémoire - illuminations, feux d’artifices - ajoutons les fêtes locales, comprenant des décorations, des trophées, des arcs de triomphe et le tout organisé par les soins des municipalités de chaque arrondissement avec le concours des habitants.

Deux cérémonies importantes doivent dominer toute la fête : la distribution des nouveaux drapeaux à l’armée et l’inauguration, sur l’ancienne place du Château d’eau, du monument surmonté de la figure de la République, monument qui a fait l’objet d’un concours ouvert l’année dernière par la Ville de Paris.

Par Oriane
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 08:13

" Le véritable enseignement n'est point de te parler mais de te conduire."

Par Oriane - Publié dans : Citations
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 08:07

                                           

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« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »
                                                                                                      

Par Oriane - Publié dans : Citations
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /Juil /2010 08:37

Bonjour, dit le petit prince.
 
- Bonjour, dit le marchand.
 
C'était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l'on n'éprouve plus le besoin de boire.
  - Pourquoi vends-tu ça ? dit le petit prince.
  - C'est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.

- Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes?

- On en fait ce que l'on veut...

Moi se dit le petit prince, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine...
 
 

Mais il arriva que le Petit Prince ayant longtemps marché à travers les sables, les rocs et les neiges, découvrit enfin une route. Et les routes vont toutes chez les hommes. Bonjour dit-il.
C'etait un jardin fleuri de roses. Bonjour dirent les roses. Le Petit Prince les regarda. Elles ressemblaient toutes à sa fleur. Qui etes-vous? Leur demanda t-il stupéfait. Nous sommes des
roses, dirent les roses. Ah! Fit le Petit Prince... Et il se sentit tres malheureux. Sa fleur lui avait raconté qu'elle etait seule de son espèce dans l'univers. Et voici qu'il en etait cinq mille toutes semblables, dans un seul jardin ! Elle serait bien vexée se dit-il si elle voyait ça ...Elle tousserait enormément et ferait semblant de mourir pour échapper au ridicule. Et je serais bien obligé de faire semblant de la soigner, car sinon, pour m'humilier moi aussi, elle se laisserait vraiment mourir... Puis il se dit encore: Je me croyais riche d'une fleur unique et je ne possède qu'une rose ordinaire. Ca et mes trois volcans qui m'arrivent au genou, et dont l'un, peut-être est éteint, pour toujours, ca ne fait pas de moi un bien grand prince... Et couché dans l'herbe il pleura. 



Les hommes n'ont plus le temps de connaître quoi que ce soit.
Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands.
Mais, comme il n'existe pas de marchands d'amis,
Les hommes n'ont plus d'amis...

 


 Antoine de Saint Exupéry

Par Oriane - Publié dans : Extraits
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /Juil /2010 08:34

C'est alors qu'apparut le renard :
- Bonjour dit le Renard.

- Bonjour répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien ...
- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince, je suis tellement triste ...
- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
- Ah ! Pardon, fit le petit prince. Mais, après réflexion, il ajouta
- Qu'est-ce que ça signifie "apprivoisé" ? ..
...
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie "creer des liens"
- Creer des liens ?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à 100.000 petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à 100.000 renards. Mais si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde ... Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique ... s'il te plaît, apprivoise-moi ! dit-il
- Que faut-il faire ? dit le petit prince
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près.
Le lendemain revint le petit prince.
- Il eut mieux valu revenir à la même heure, dit le renard ... si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le coeur ... il faut des rites.
- Qu'est-ce qu'un rite ? dit le petit prince
- C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures
...
- Adieu dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux. ... Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé"

Est-il possible de mieux le dire ?

Par Oriane - Publié dans : Extraits
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 07:59

Quand le mystère est trop impressionnant, on n'ose pas désobéir. Aussi absurde que cela me semblât à mille
milles de tous les endroits habités et en danger de mort, je sortis de ma poche une feuille de papier et un stylographe. Mais je me rappelai alors que j'avais surtout étudié la géographie, l'histoire, le calcul et la grammaire et je dis au petit bonhomme (avec un peu de mauvaise humeur) que je ne savais pas dessiner. Il me répondit :
-Ça ne fait rien. Dessine-moi un mouton.

Par Oriane - Publié dans : Extraits
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 07:54

Le premier soir  je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toutes les terres habitées .J'étais plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait :
- S'il vous plaît... dessine-moi un mouton !
J' ai sauté sur mes pieds comme sij'avais été frappé par la foudre.J'ai bien frotté mes yeux.J'ai bien regardé. Etj'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement. Je regardai donc cette apparition avec des yeux tout ronds d'étonnement. N'oubliez pas que je me trouvais à mille milles de toutes les régions habitées. Quand je réussis enfin à parler, je lui dis :
- Mais... qu'est-ce que tu fais là ?
Et il me répéta alors, tout doucement, comme une chose très sérieuse :
- S'il vous plaît... dessine-moi un mouton.
Et c'est ainsi que je fis la connaissance du petit prince.

 

Par Oriane - Publié dans : Extraits
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