Jeudi 24 décembre 2009 4 24 /12 /2009 08:30
Par Oriane
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Jeudi 24 décembre 2009 4 24 /12 /2009 08:28

En rêvant à Noël

by Chants de Noël

Quand j'étais triste en me réveillant
Moi, je me consolais en rêvant à Noël
A Noël
Faire sa toilette quand on a huit ans
C'est dur mais je la faisais en rêvant
Qu'à Noël,
A Noël

{Refrain:}
Je mangerais des gâteaux
J'aurais de beaux cadeaux
Des autos mécaniques
Et un train électrique
A Noël

A l'école, pendant le latin
Je rêvais à ce que je ferais bien
A Noël
A Noël
En mangeant ma soupe, je me disais
C'est pas drôle mais je me rattraperai
A Noël,
A Noël

{au Refrain, x2}

A la cuisine, je faisais mes devoirs
Tous les soirs sans faute, mais pas le soir
De Noël,
De Noël
Enfin, après avoir embrassé maman
Dans mon lit je m'endormais en rêvant
Qu'à Noël,
A Noël

{au Refrain}

A Noël {ad lib}

Par Oriane
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 08:35
                                                                 

Dis-moi papa Noël

Album: Barzotti chante Noël

{Lui}
Emporte dans ta hotte
Des paquets pleins d'amour
Invente-nous des notes
A crever les tambours
Donne-nous du bon sens
Donne-nous de la foi
Et de la tolérance
Et du respect de soi

{L'enfant}
J'compte sur toi Père Noël
Je ne sais plus quoi faire
Lorsque les grands s'en mêlent
J'ai peur de leur colère
J'ai besoin pour grandir
D'un peu de liberté
De règles et de sourires
Et de sécurité

{Ensemble, Refrain:}
Dis-moi Papa Noël
Quand tu viendras du ciel
N'apporte pas dans mes souliers
De chocolats ni de jouets
Ne nous amène pas
Poupées, soldats de bois
Mais viens pour les grands cette fois
Ils ont besoin de toi je crois

{Lui}
Fais sauter les serrures
Qui nous ferment le cœur
Fais éclater les murs
Qui masquent le bonheur
Rends-nous le goût d'aimer
Les choses de la vie
Et de tout respecter
Et même l'ennemi

{L'enfant}
Dis-leur Papa Noël
Que notre Terre est belle
Qu'on ne fait pas la guerre
Pour un mot, une frontière
Toi l'ami du bon Dieu
Aide-les si tu peux
C'est mettre de tristesse
Un monde sans tendresse

{Ensemble, au Refrain x2}

{L'enfant}
Dis Papa Noël, fais ça si tu m'aimes !
Par Oriane
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 08:31

Noël blanc


Oh ! quand j'entends chanter Noël
J'aime revoir mes joies d'enfant
Le sapin scintillant, la neige d'argent
Noël mon beau rêve blanc

Oh ! quand j'entends sonner au ciel
L'heure où le bon vieillard descend
Je revois tes yeux clairs, Maman
Et je songe à d'autres Noëls blancs

La nuit est pleine de chants joyeux
Le bois craque dans le feu
La table est déjà garnie
Tout est prêt pour mes amis
Et j'attends l'heure où ils vont venir
En écoutant tous mes souvenirs


Oh ! quand j'entends chanter Noël
J'aime revoir mes joies d'enfant
Le sapin scintillant, la neige d'argent
Noël mon beau rêve blanc

Oh ! quand j'entends sonner au ciel
L'heure où le bon vieillard descend
Je revois tes yeux clairs, Maman
Et je songe à d'autres Noëls blancs
Je revois tes yeux clairs, Maman
Et je songe à d'autres Noëls blancs






Par Oriane
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 08:28

Mon beau sapin

Mon beau sapin, roi des forêts
Que j'aime ta verdure !
Quand par l'hiver, bois et guérets
Sont dépouillés de leurs attraits
Mon beau sapin, roi des forêts
Tu gardes ta parure.

Toi que Noël planta chez nous
Au saint anniversaire,
Mon beau sapin, comme il est doux
De te voir briller par nous,
{variante:

Mon beau sapin, comme ils sont doux
et tes bonbons et tes joujoux}
Toi que Noël planta chez nous
Scintillant de lumière.

Mon beau sapin tes verts sommets
Et leur fidèle ombrage
De la foi qui ne ment jamais
De la constance et de la paix.
Mon beau sapin tes verts sommets
M'offrent la douce image.

 

Par Oriane
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 08:26

 

Au royaume du bonhomme Hiver

Écoutez les clochettes
Du joyeux temps des fêtes
Annonçant la joie
Dans chaque cœur qui bat
Au royaume du bonhomme hiver

Sous la neige qui tombe
Le traîneau vagabonde
Semant tout autour
Des chansons d'amour
Au royaume du bonhomme hiver

Le voilà qui sourit sur la place
Son chapeau, sa canne et son foulard
Il semble nous dire d'un ton bonasse :
"Ne voyez-vous donc pas qu'il est tard ?"

Il dit vrai tout de même
Près du feu, je t'emmène
Allons nous chauffer dans l'intimité
Au royaume du bonhomme hiver

Le voilà qui sourit sur la place
Son chapeau, sa canne et son foulard
Il semble nous dire d'un ton bonasse :
"Ne voyez-vous donc pas qu'il est tard ?"

Il dit vrai tout de même
Près du feu, je t'emmène
Allons nous chauffer dans l'intimité
Au royaume du bonhomme hiver

 

 

 

Par Oriane
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 08:37

 L’institution psychiatrique

C’est au milieu de XIXe siècle que sont construits en Suisse les grands hôpitaux qui ont marqué l’histoire des patients psychiques et celle de la psychiatrie : le Burghölzli à Zurich, Préfargier à Neuchâtel en 1849, la Waldau à Berne en 1855, Cery à Lausanne en 1873. Ces institutions vont être reconnues par la faculté de médecine, développer et appliquer des traitements à la fois plus scientifiques et plus humains : la psychologie, l’ergothérapie, les médicaments calmants. Les grands noms suisses sont Eugène Bleuler, Auguste Forel, Jean Piaget, Hermann Rorschach, Adolph Meyer. Malheureusement pour les patients, ces institutions n’ont pas toujours su éviter des aventures dangereuses comme celle de la psychochirurgie, errances d’apprentis sorciers prétentieux et irresponsables (Gottlieb Burckhardt, 1888, Préfargier).

Un rapport de 1874, concernant Cery, montre à quel point le vent a tourné. Il y est fait état d’un certain nombre d’évasions mais, celles-ci étant liées à une plus grande liberté laissée aux malades, c’est un petit mal pour un grand bien. L’augmentation du personnel, ajoute le rapport, a permis de réaliser ce que chacun souhaitait depuis longtemps : la suppression graduelle des moyens de rigueur telles qu’entraves, camisoles de force, douches par contrainte, etc.

Le directeur type est un médecin énergique, bienveillant et paternaliste, qui habite l’institution avec sa famille et se bat pour obtenir de l’État les moyens financiers nécessaires pour un meilleur traitement des malades. Cery a eu longtemps des problèmes d’adduction d’eau, à cause de sources insuffisantes. Est-ce pour cette raison que l’hôpital consomma, par exemple en l’année 1900, 28 720 litres de vin blanc et 700 de rouge? On achète pourtant une machine à préparer l’eau gazeuse et la limonade.

 XXe siècle

C’est au début de notre siècle que survint ce qu’il convient d’appeler la révolution psychanalytique. Sigmund Freud, né en Moravie en 1856, d’une famille de commerçants israélites, obtient son grade de docteur en médecine à l’université de Vienne en 1880. Dès le début de sa carrière, il veut comprendre la maladie mentale avant de la soigner et se met à observer les phénomènes d’une manière systématique. Il réussit ainsi, pour la première fois, à expliquer le comportement humain en termes psychologiques dans une théorie fondée sur l’observation et non seulement sur l’hypothèse.

Si la notion d’inconscient ne date pas de Freud, il lui a donné un sens particulier en l’investissant du rôle de siège des pulsions de vie, de mort et sexuelles, ainsi que d’expériences accumulées dans la petite enfance et même avant la naissance. La psychanalyse, méthode dont il est le père, est le moyen qui permet de comprendre, de déchiffrer les messages de l’inconscient. Pour lui, l’analyse des rêves, qu’il a beaucoup développée, est la voie royale qui mène à l’inconscient. Avec Freud, on peut comprendre la folie comme un comportement dicté par les forces refoulées de l’inconscient.

En Suisse, Carl Gustav Jung divergea des théories de Freud en introduisant la notion d’un inconscient collectif.

En 1912, pendant que Freud développait sa théorie psychanalytique, le prix Nobel de médecine était attribué à un chirurgien et physiologiste français, Alexis Carrel. Né en 1873 dans une famille de la grande bourgeoisie lyonnaise, il était devenu directeur de l’Institut Rockefeller de New York. En 1935, Carrel publie un ouvrage qui connaît un grand succès d’édition: «L’homme cet inconnu». Que dit Carrel ?

«Il y a encore le problème non résolu de la foule immense des déficients et des criminels. Ceux-ci chargent d’un poids énorme la population restée saine. Le coût des prisons et des asiles d’aliénés, de la protection du public contre les bandits et les fous est, comme nous le savons, devenu gigantesque.

»Un effort naïf est fait par les nations civilisées pour la conservation d’êtres inutiles et nuisibles. Les anormaux empêchent le développement des normaux. Il est nécessaire de regarder ce problème en face.

»(...) Il ne faut pas hésiter à ordonner la société moderne par rapport à l’individu sain. Les systèmes philosophiques et les préjugés sentimentaux doivent disparaître devant cette nécessité. »

Ces thèses sur l’inégalité biologique des individus s’accordaient avec les thèses racistes des nazis. En octobre 1939, Hitler décréta l’euthanasie des malades après examen critique de leur état pathologique par des médecins. Ses acolytes Bouhler et Brandt constituèrent une équipe de médecins et l’opération T4 pût commencer en janvier 1940. Près de 100 000 personnes, principalement des patients psychiques et handicapés mentaux, furent euthanasiées en Allemagne, puis dans les territoires occupés à l’Est. Ces «bouches inutiles», comme disaient les nazis, furent exterminées par gazage, piqûres ou administration de médicaments à doses mortelles. Les corps étaient incinérés et les proches étaient informés du décès que l’on liait à des causes inventées, par exemple des épidémies.Mais le secret fut éventé et les familles, ainsi que des ecclésiastiques protestèrent. Hitler dut arrêter le programme d’euthanasie, du moins en Allemagne, en août 1941.

Si l’opération T4 des nazis est connue, on sait moins qu’en France, environ 40 000 malades mentaux sont morts de faim et de froid dans les asiles psychiatriques pendant la Seconde Guerre mondiale. Le tableau suivant montre l’augmentation des décès, sans augmentation de la morbidité, à l’Hôpital psychiatrique de Clermont, au nord de Paris.

AUGMENTATION CONSIDÉRABLE DU NOMBRE DES DECES SANS AUGMENTATION DE LA MORBIDITÉ


Décès de 1938 à 1944 avec, en regard, ceux de la population traitée
Année Décès Population traitée
1938 267 5093
1939 316 5405
1940 630 5153
1941 1067 4015
1942 636 3201
1943 562 3733
1944 641 3313
1945 248 2930

Cette augmentation de la mortalité dans les asiles français ne correspond pas à une augmentation générale de la mortalité en France pendant la même période. Bien que beaucoup de gens aient souffert de la faim, la mortalité a peu varié sauf dans les zones qui ont subi des bombardements. Mais, selon les décisions du gouvernement de Vichy, les asiles psychiatriques ont été strictement réduits aux rations officielles alors que, au-dehors, la population française pouvait compléter le rationnement par le marché noir ou le ravitaillement dit «familial». L’asile ne reçoit pas les suppléments alimentaires alloués aux autres établissements hospitaliers.

Le 29 octobre 1941. la Société médico-psychologique a interpellé les pouvoirs publics en déclarant notamment que «dans certains hôpitaux psychiatriques la ration alimentaire est nettement inférieure à ce qui est nécessaire pour le maintien de la vie».

Dans son livre publié en 1988, «Le train des fous», Pierre Durand conclut que les autorités de Vichy connaissaient la situation, au moins depuis le second semestre de 1941. Les services compétents étaient alertés. Qu’ont-ils fait pour éviter l’extermination? Rien. C’est donc sciemment que Vichy a mis en application les théories criminelles d’Alexis Carrel, lequel est mort le 11 novembre 1944.

Après la guerre, 1952 voit l’apparition du premier neuroleptique, le Largactil. Nombre de médecins ont cru que l’on avait enfin trouvé le remède miracle qui allait définitivement résoudre les dysfonctionnements du cerveau. Pour d’autres, les neuroleptiques s’avèrent n’être qu’une camisole chimique. Il n’empêche que le visage de la folie a changé d’aspect. Si les patients sous neuroleptiques adoptent une démarche un rien robotisée, parfois appelée par les patients «le pas de Cery», cela n’a plus rien à voir avec le patient agité, hurlant et gesticulant dans tous les sens.

Au début des années 1960, sous le nom d’antipsychiatrie, se développe aux Etats-Unis et en Europe une contestation fondamentale de la psychiatrie classique hospitalière, qualifiée d’asilaire. On se souvient de Ronald Laing et David Cooper en Angleterre, Franco Basaglia en Italie, Thomas Szasz aux Etats-Unis. Selon ces auteurs, la psychiatrie n’est qu’un banal instrument de contrôle social fondé sur la coercition et paré des plumes de la science médicale.

En France, le médecin Lucien Bonnafé refuse les options extrémistes mais soutient le mouvement désaliéniste en instaurant la psychiatrie de secteur.

Le discours sociologique antipsychiatrique pur et dur a sombré à la fin des années 1980, rattrapé par les réalités de la maladie mentale. A noter l’immense fiasco de la tentative italienne de désinstitutionalisation psychiatrique. Dans le reste de l’Europe, la psychiatrie hospitalière a résisté à des attaques polémiques extrêmement violentes, continuant d’abriter et de soigner, en période de crise, les patients et leurs souffrances.

Aujourd’hui, chimiothérapie et psychothérapie sont deux aspects complémentaires et indissociables du traitement en psychiatrie auquel vient s’ajouter enfin la psychiatrie sociale ou la psychiatrie de secteur, qui prend en compte l’environnement du patient, les proches, l’employeur, les amis.

Par Oriane - Publié dans : Culture
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 08:35

 Le grand renfermement

L’«Histoire de la psychiatrie» parle du XVIIe siècle comme de l’âge de la raison et de l’observation parce que ce siècle a développé la tradition empirique et permis une approche plus réaliste de la psychiatrie. Les maladies mentales ont aussi été arrachées un peu plus à la superstition et aux erreurs doctrinales, par exemple avec le philosophe Spinoza (1632-1677).

Mais, pour les patients psychiques de cette époque, la vie quotidienne a sans doute été davantage marquée par un décret de 1656 de Louis XIV créant à Paris l’Hôpital Général. Divers établissement préexistants (la Salpêtrière, Bicêtre, la Pitié, etc.) sont regroupés sous une administration unique baptisée l’Hôpital Général. Le but est d’y enfermer tous les pauvres de Paris pour les éduquer et les mettre au travail. Cette mission est confiée à des directeurs nommés à vie « qui ont tout pouvoir d’autorité, de direction, d’administration, commerce, police, juridiction, correction et châtiment sur tous les pauvres de Paris, tant au-dehors qu’au-dedans de l’Hôpital Général. » Le décret royal ajoute : « Auront pour cet effet les directeurs : poteaux ; carcans, prisons et basses-fosses dans ledit Hôpital Général et lieux qui en dépendent comme ils aviseront, sans que l’appel puisse être reçu, des ordonnances qui seront par eux rendues pour le dedans dudit Hôpital… »

C’est là le début de ce que Michel Foucault a appelé le grand renfermement, dont allait hériter le XIXe siècle médical. Mais, en 1656, les objectifs de l’Hôpital Général n’ont rien de médical. C’est en fait un instrument du pouvoir pour contrôler les mendiants, les malades mentaux et les invalides qui hantent les rues de Paris. Cela n’empêche pas le préambule du décret royal d’affirmer : « Considérons ces pauvres mendiants comme membres vivants de Jésus-Christ et non pas comme membres inutiles de l’État. Et agissons dans la conduite d’un si grand œuvre non par ordre de police, mais par le seul motif de la charité. »

Le 13 mai 1657, on chanta une messe solennelle du Saint-Esprit dans l’église de la Pitié et le 14, l’enfermement des pauvres fut accompli sans aucune émotion, c’est en tout cas ce qu’affirme une brochure anonyme publiée vingt ans après.

Il faut dire que, sur les 40 000 pauvres dénombrés à Paris au début de 1656, 35 000 s’enfuirent de la capitale pour se réfugier en province avant l’entrée en vigueur du décret. Seuls 4 ou 5 000 mendiants incapables de fuir, « eurent le grand bonheur de trouver retraite à l’Hôpital ». Cette structure étend bientôt son réseau sur toute la France. En 1676, un nouvel édit du roi ordonne la création d’un Hôpital Général dans chaque ville du royaume.

L'asile

Jean-Étienne Esquirol a retrouvé, un siècle et demi plus tard, après la Révolution française, ces mendiants et malades mentaux enfermés pour leur bien :

« Je les ai vus nus, couverts de haillons, n’ayant que la paille pour se garantir de la froide humidité du pavé sur lequel ils sont étendus. Je les ai vus grossièrement nourris, privés d’air pour respirer ; d’eau pour étancher leur soif et des choses les plus nécessaires à la vie. Je les ai vus livrés à de véritables geôliers, abandonnés à leur brutale surveillance. Je les ai vus dans des réduits étroits, sales, infects, sans air, sans lumière, enfermés dans des antres où l’on craindrait de renfermer des bêtes féroces, que le luxe des gouvernements entretient à grands frais dans les capitales. »

S’il est vrai que Pinel a désenchaîné les patients des asiles parisiens, il ne faut pas croire que cela a signifié, en France, la fin de la contention à l’égard des patients psychiques. Les patients sont restés enfermés dans les asiles, avec la panoplie des traitements médico-baroques plus ou moins sophistiqués pratiqués pendant tout le XIXe siècle. Ce qui frappe, quand on étudie cette époque, c’est que la plupart des traitements prétendument thérapeutiques sont aussi utilisés pour intimider, terroriser et punir, pour faire régner l’ordre dans l’asile.

Tels sont notamment les bains froids ou chauds prolongés, les purgatifs et émétiques, les saignées, les irritants, le fauteuil rotatoire, le bain de surprise, les attachements, les isolements, les galvanisations et autres électrothérapies. Les médecins eux-mêmes ne craignent pas de le dire. Par exemple, dans un ouvrage paru en 1859, un certain Dr Teilleux écrit :

« L’électricité offre aussi l’avantage immense de pouvoir être employée comme agent de coercition. Depuis notre séjour à Maréville, nous nous sommes très bien trouvés des électrisations que nous avons données avec l’intention de réagir contre l’esprit d’indiscipline. »

Le film : Vol au-dessus d'un nid de coucou, montre que ces pratiques ont perduré fort longtemps. (Cf. le livre de Pierre Morel, psychiatre, et Claude Quetel, historien : Les médecines de la folie).

Pourtant, dans toute l’Europe, se fait jour la volonté politique d’améliorer le sort des malades mentaux internés. Pestalozzi fut l’un de ceux qui luttèrent contre les traitements inhumains qui leur étaient infligés. Dans le canton de Vaud, le Grand Conseil vote en 1810 la création d’un hospice des aliénés. A Lausanne, on aménage une ancienne propriété située au Champ-de-l’Air, en bordure de la route de Berne « dans une situation très agréable et très salubre, dont la vue embrasse tout le bassin du Léman ».

En 1830, le directeur du Champ-de-l’Air, Charles-Albert Perret-Porta, a sous ses ordres trois infirmiers, deux infirmières, une cuisinière et un boulanger. Voici ce qu’il dit de son asile, qui accueille à ce moment une centaine de malades :

« Les dortoirs ou chambres à coucher sont au nombre de 32, 18 pour les hommes, 14 pour les femmes. Il y a de plus trois chambres fortes qui servent momentanément de séjour à l’aliéné furieux… Ce sont des cellules solidement boisées, que l’on peut rendre complètement obscures. Une seule est munie d’une double grille intérieure en fer ; pour les cas où les barreaux ordinaires deviendraient insuffisants. »
« La plupart des dortoirs sont des chambres riantes et gaies, plafonnées et à parois glacées, peintes en jaune. Elles contiennent de un à quatre lits. Les malades ne les occupent guère pendant le jour, à moins d’être alités. Elles sont toujours aérées, et on y observe la plus grande propreté. On dirait, en visitant ces cellules, qu’elles appartiennent à des personnes dont on respecte les habitudes, qui tiennent à une bonne éducation… »
« Une chambre de bains située au rez-de-chaussée est encore un établissement nouveau, aussi indispensable aux soins de propreté qu'au traitement des aliénés. »

Par Oriane - Publié dans : Culture
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 08:30

Dès le XIVe siècle, les premiers humanistes (Dante, Boccace et Pétrarque) vont s’attaquer aux doctrines rigides et autoritaires des scolastiques et substituer à l’autorité de l’Église celle des anciens. Mais la renaissance scientifique n’a vraiment commencé que lorsque les hommes se sont trouvés de nouveau capables de faire davantage confiance à leurs propres expériences qu’à celles des anciens, au temps des génies de la Renaissance tels que Copernic, Bacon, Léonard de Vinci, Machiavel, Montaigne, Érasme.

Au début du XVIe siècle, Thomas Platter, chevrier haut-valaisan illettré, quitte sa vallée natale pour mener dans toute l’Europe une vie d’adolescent gyrovague et chapardeur. Il survit aux maladies, au froid, à la faim ainsi qu’aux brutalités policières et à celles de ses camarades de rencontre. Il se fixe finalement à Bâle, où il monte une imprimerie, se convertit au protestantisme puis étudie la médecine. Il devient l’un des grands intellectuels humanistes de son temps. Son fils, Félix Platter (1536-1614), suit la voie paternelle et accomplit ses études de médecine à Montpellier. De retour à Bâle, il s’efforce de classer les maladies mentales et applique des méthodes précises dans l’observation des malades. Il passe beaucoup de temps dans les prisons, où sont enfermés de nombreux malades mentaux. Il considère que la plupart des maladies mentales sont dues à des lésions du cerveau mais, bon calviniste, estime que les fantasmes sexuels sont le résultat de l’intervention du diable ou d’un châtiment de Dieu.

Jean Wier (1515-1588), un Hollandais, a lutté pour démontrer que les sorcières étaient des malades mentales et devaient être soignées par des médecins au lieu d’être interrogées et brûlées par des ecclésiastiques. Il publia en 1563 son De praestigiis daemonorum (De l’imposture des démons) qui réfute point par point le Malleus Maleficarum(Le marteau des sorcières), qui est un code de la chasse aux sorcières, ouvrage pornographique élaboré en 1487 par deux Allemands.

Certains des contemporains de Wier le surnommèrent «Weirus hereticus» et son livre fut mis à l’index par l’Église. Paracelse, né à Einsiedeln en 1493, a aussi pris clairement position contre les principes des brûleurs de sorcières.

Par Oriane - Publié dans : Culture
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 08:28

L’amalgame entre sorciers, hérétiques et malades mentaux

Mais il arrive aussi que ce soit l’homme qui recherche le commerce avec le diable. On a alors affaire à un sorcier. Dès le XIe siècle, des sorcières sont brûlées vives. Ce n’est pas l’Église mais l’opinion publique qui est à l’origine de la répression : face à un malheur survenu sans raison apparente, la foule en impute la responsabilité à une sorcière supposée.

À partir du XIIIe siècle, l’autorité ecclésiastique prend le relais, notamment parce que les sorcières s’enquièrent de l’avenir auprès des démons alors que l’avenir est réservé à Dieu. La répression s’abat. Les sorcières et sorciers seront, dans toute l’Europe, torturés, excommuniés, mis au pilori, fouettés, emmurés, brûlés vifs.

Au XIIIe siècle aussi se produit l’amalgame entre sorciers, hérétiques et malades mentaux. En 1239 et 1245, des Cathares accusés de sorcellerie sont condamnés par les tribunaux de l’Inquisition. En 1258, le pape Alexandre IV confie officiellement aux inquisiteurs italiens la répression de la sorcellerie.

Or ces prétendus sorciers sont souvent des patients psychiques, ou du moins des gens au psychisme fragile. Voilà ce qu’en dit Muriel Laharie, auteur française qui a écrit un livre documenté sur la folie au Moyen Âge :

« Leurs transes, leurs expériences oniriques et leurs hallucinations (favorisées parfois par la consommation de plantes ou de champignons hallucinogènes) entrent dans le cadre d’états hystériques ou dépressifs, ou bien de psychoses délirantes, aiguës ou chroniques. Mais leur mythomanie, leurs affabulations, leurs discours naïfs, confus ou incohérents sont expliqués par une pseudo-alliance avec le diable. »
«... Sous les tortures, de malheureuses femmes déséquilibrées et impressionnables avouent n’importe quel crime. (…) La «chasse aux sorcières», qui battra son plein seulement à partir de la fin du XIVe siècle, connaît ainsi ses premières manifestations à l’époque féodale. Elle doit être, à l’évidence, replacée dans le contexte de l’exclusion dont sont victimes au XIIIe siècle à la fois les hérétiques et les fous dans leur ensemble ; la folie ayant simplement, dans ce cas précis, pris le masque de la sorcellerie. »
Par Oriane - Publié dans : Culture
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